Cher Ito-sensei,
Merci beaucoup pour ces vœux et encouragements de nouvel an !
Après réflexion, voici quelques commentaires que j’aimerais partager, puisqu’il est facile de les manquer. Ils ont trait aux transitions critiques, dans l’esprit du sujet :
- De la colère à la Pitié
- De la Pitié à l’Action
1. De la Colère à la Pitié
Le sujet a manifestement une connexion profonde à la Nature - je ne peux que deviner, mais il me semble être un Natif Américain... Aussi pour lui, de voir ces homme décharger leurs déchets sur la piste, serait comme pour moi, de voir ma maison emplie d’ordures puantes : nous ne parlons pas ici de problème « écologique », mais d’une situation de Vie ou de Mort. D’où la haine, l’absolue - et, pour autant qu’il sache, pour autant qu’il soit, entièrement justifiée - compulsion d’effacer ces hommes de l’existence. C’est leur vie, ou la sienne. Et en vérité, la seule raison pour laquelle il ne suit pas cette voie est : il n’est pas assez fort (les conseils de son grand-père ne prennent sens pour lui qu’après qu’il a atteint la Pitié).
Ainsi la question est : comment, depuis la Colère, est-il parvenu à la Pitié ? Qu’a-t-il du traverser ? Que devrais-je traverser en sorte de PLAINDRE les hommes qui détruisent ma maison ?
2. De la Pitié à l’Action
Etant parvenu à la Pitié (qui, selon ma lecture, procure au sujet une sorte d’extrême objectivité sur la situation) pourquoi devrait-il encore ressentir le besoin de « résoudre ce problème » ? N’est-ce pas plutôt qu’il se trouve maintenant confronté à un autre problème - un auquel, contrairement au précédent, il peut faire quelque chose ? Le premier problème serait, par exemple : ces hommes sont en train de me détruire. Et le second : ces hommes sont en train de se détruire.
Ainsi la question est : comment la Pitié a-t-elle déclenché son Action ? Qu’a-t-il du traverser ? Que devrais-je traverser en sorte d’AIDER les hommes en train de se détruire ?
Ma compréhension est que ces deux transitions sont entre la Vie et la Mort - mais en sens inverses. Dans le premier cas, on doit s’abandonner entièrement. Dans l’autre, on doit entièrement se reprendre - et le mettre au service.
Avec mes meilleurs sentiments
Patrick