Chère Belinda
Juste un petit mot pour te dire que j’ai fait Taimyo ce jour, en pensant à toi.
Alors que je séparais mes mains lors du passage de Kongo-i à Kenka-i, et pendant cette dernière posture, j’ai pris pleinement conscience de la fragilité de ce que nous avions à offrir : je me tenais sur la grève, la surface du lac ondulait comme le dos d’un puissant animal qui eût couru vers, et à travers, moi. Ce que recelaient mes mains en coupe, aussi bien que mon corps, précairement en équilibre, me semblaient à la merci du moindre coup de vent...
Peu à peu cependant, au gré de failles imperceptibles dans la trame de ces instants, mes mains s’élevèrent jusqu’à Kenshin-i - l’offrande de soi. Ma propre audace me stupéfiait, bien qu’elle ne fût autre que l’expression d’une absolue nécessité. Je pensai, absurdement, à ce passage de la Guerre du Feu où l’homme fait alliance avec le Mammouth, et où il se met à sa merci.
Ai foi
Et à bientôt
- Patrick